Depuis de nom­breuses années, nous dénonçons les ten­ta­tives visant à faire porter aux seuls étab­lisse­ments de san­té la respon­s­abil­ité de la vac­ci­na­tion con­tre la grippe saison­nière des pro­fes­sion­nels de san­té. La préven­tion ne peut repos­er sur les seules ini­tia­tives des étab­lisse­ments mais doit être portée col­lec­tive­ment, soutenue par une poli­tique de san­té publique claire et ambitieuse.

La LFSS 2026 pose enfin les bases d’une oblig­a­tion vac­ci­nale pour les pro­fes­sion­nels con­cernés. Ce cadre lég­is­latif, com­plété par la recom­man­da­tion de la Haute autorité de san­té pub­liée en juil­let 2026, con­stitue une avancée majeure pour ren­forcer la pro­tec­tion des patients, comme celle des pro­fes­sion­nels. La vac­ci­na­tion relève d’une respon­s­abil­ité indi­vidu­elle, mais aus­si col­lec­tive, par­ti­c­ulière­ment dans des lieux où la vul­néra­bil­ité des per­son­nes accueil­lies impose une vig­i­lance con­stante. Elle con­tribue à réduire les risques de trans­mis­sion, à pro­téger les plus frag­iles et à préserv­er la con­ti­nu­ité des soins. Elle est égale­ment un levi­er de souten­abil­ité pour notre sys­tème de san­té, en ville comme à l’hôpital, en lim­i­tant les con­séquences san­i­taires et organ­i­sa­tion­nelles des épidémies saison­nières.

Certes, les textes d’application ne sont pas encore pub­liés et le cadre régle­men­taire est atten­du d’ici la fin du pre­mier trimestre 2027. Mais la loi est votée et la cam­pagne 2026–2027 doit, dès à présent, nous mobilis­er. Nous savons com­bi­en ces démarch­es peu­vent être dif­fi­ciles à con­duire sans impul­sion nationale forte. Il nous appar­tient aujourd’hui de trans­former cette avancée lég­isla­tive en pro­grès con­cret, en accom­pa­g­nant les pro­fes­sion­nels et en don­nant aux étab­lisse­ments les moyens d’agir effi­cace­ment.

La vac­ci­na­tion n’est pas une con­trainte isolée, c’est un engage­ment de san­té publique, une mar­que de respon­s­abil­ité et une con­di­tion essen­tielle de la qual­ité et de la sécu­rité des soins.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO