
Au-delà du Comité de pilotage, trois rendez-vous du groupe de travail dédié au MCO organisés par la Direction générale de l’offre de soins rythment la construction de la campagne tarifaire MCO 2027. Engagés le 13 octobre, ces travaux doivent s’achever le 19 novembre pour permettre la publication des tarifs au 1er janvier 2027. L’ONDAM établissements de santé progresserait en 2027 de 3,0 %, soit 3,3 Md€ supplémentaires. Mais les hypothèses qui sous-tendent cette campagne sont-elles justes ?
Trois points appellent notre vigilance. D’abord, 550 M€ d’économies sont attendues suite au transfert de dépenses de l’Assurance maladie obligatoire vers les complémentaires et les assurés. Ensuite, une hypothèse de croissance d’activité toujours soutenue de 2,5 % pour le champ MCO et HAD est posée alors que l’activité réalisée par notre secteur augmenterait de 2,2 % en 2026 selon le ministère. Enfin, la recherche d’une stabilité tarifaire en moyenne est annoncée. Elle passera par une actualisation des tarifs issus des coûts, qui servent de référence à la détermination des tarifs, dont la hiérarchie pourrait être bousculée en raison notamment des impacts portés par les mesures Ségur.
Nous portons plusieurs exigences : sécuriser le financement des maternités, intégrer l’aide à la contractualisation de 10 % Ségur 1 et 2 dans les tarifs, reconnaître le développement de la récupération améliorée après chirurgie (RAAC) et mieux prendre en compte les consommables, notamment ceux liés à la robotique, dans les tarifs. La liste en sus appelle, elle aussi, une gouvernance lisible et prévisible. Trois principes doivent prévaloir : une gestion pluriannuelle, la radiation d’un produit uniquement lorsque sa pratique a atteint sa maturité, et une compensation intégrale des montants radiés dans les tarifs des GHS. 25 M€ d’économies sur la gestion de cette liste sont attendues par le ministère de la Santé en 2027.
La campagne tarifaire est un exercice technique exécuté dans le cadre d’arbitrages politiques qui définissent les orientations de la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale. Elle engage la capacité des établissements à investir, à recruter et à garantir la qualité des soins. La visibilité économique et la cohérence des financements sont des conditions indispensables à la pérennité de l’offre de soins de l’ensemble des établissements de santé.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO