
La journée annuelle de rencontre avec les représentants des usagers qui se déroulait le 22 septembre dernier est toujours un temps précieux. Un temps pour regarder ensemble ce qui, dans nos établissements, fait progresser concrètement les droits des patients et la qualité des soins. Les échanges ont une nouvelle fois démontré que c’est sur le terrain que se trouvent les enjeux, mais aussi les leviers pour avancer.
Les représentants des usagers comme les patients partenaires portent des regards différents et complémentaires. Ces regards croisés enrichissent celui des professionnels de santé et permettent de mieux comprendre les réalités du terrain pour construire des réponses au plus près des besoins des patients. Pour ce faire, cela suppose de créer des espaces de dialogue, de sensibiliser les équipes et, au-delà des compétences techniques, de cultiver une véritable qualité d’écoute et de savoir-être.
L’exemple de la charte de la place des accompagnants aux urgences a rappelé une autre réalité : un droit n’existe vraiment que lorsqu’il est connu et appliqué. La possibilité pour le patient d’être accompagné par la personne de son choix, avec une attention particulière aux enfants, aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées et aux personnes en fin de vie, est désormais clairement posée. Pourtant, la visibilité de cette charte reste encore insuffisante. D’ici fin 2026, faisons en sorte qu’elle soit affichée dans tous les services d’urgence. Les représentants des usagers ont ici toute leur place pour accompagner cette mise en œuvre.
Nous avons également ouvert la réflexion sur la médiation. Si demain celle-ci doit pleinement s’inscrire dans l’écosystème de la santé, la contribution des représentants des usagers devra être mieux définie. Pour l’heure, le cadre réglementaire reste peu précis et leur intervention relève avant tout d’un rôle d’accompagnement au service du patient. Un travail collectif devra être poursuivi.
Enfin, les échanges sur la fin de vie ont rappelé la nécessité de distinguer nos convictions personnelles de notre responsabilité collective. La réforme, portée par deux lois distinctes, fait évoluer les soins palliatifs vers une approche globale du parcours, tout en créant distinctement un nouveau droit à l’aide à mourir, strictement encadré et soumis à cinq conditions cumulatives. La mise en œuvre de cette réforme passe par des formations adaptées.
Ce rendez-vous annuel nous rappelle que les droits des patients ainsi que ceux des représentants des usagers ne se décrètent pas, ils se vivent, s’expliquent, et se construisent chaque jour, au plus près du terrain.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO
