Dr Philippe Bergerot, président de la Ligue contre le cancer
La Ligue contre le cancer vient de publier une étude sur la radiothérapie en France, pourquoi cette publication ?
L’idée est née d’un comité départemental qui soulevait la difficulté d’accès à la radiothérapie. L’objectif n’est pas de stigmatiser la radiothérapie, mais de s’intéresser au vécu du patient au sein de son parcours de soins. L’étude que nous avons publiée dresse un état des lieux, conduit une analyse et formule des propositions. Elle porte la parole des personnes malades.
Que retenir de cette étude ?
Les patients interrogés ne remettent pas en doute la qualité, la pertinence et la performance de leur prise en charge mais s’expriment sur leur ressenti. Les soignants le savent, l’annonce est un moment douloureux pour le patient, et qui nécessite du temps de la part du radiothérapeute et du manipulateur en radiothérapie. Le ressenti du patient reste subjectif.
L’étude a également mis en évidence des inégalités entre les hommes et les femmes. Comparé aux hommes, deux fois plus de femmes déclarent ne pas avoir été complètement informées des effets secondaires. Ce sentiment doit être analysé car la prise en charge en radiothérapie a une incidence notoire sur la vie personnelle, la vie professionnelle et la vie familiale.
De même, l’après-cancer soulève des difficultés importantes. Beaucoup de patients se sentent subitement abandonnés. L’accompagnement des personnes malades est un exercice complexe qui doit être identique pour tous. C’est pourquoi la Ligue contre le cancer souhaite un renforcement de l’accompagnement et faire de l’équité une exigence nationale.
Quels moyens doivent être mis en œuvre ?
Nous devons prioriser certains métiers, notamment celui de manipulateur en radiothérapie, pour améliorer l’accès aux soins. De plus, l’innovation doit être partagée sur l’ensemble du parc technique du territoire. Nous devons être en capacité de proposer un traitement de proximité à tous les patients pris en charge en radiothérapie. La tarification doit aussi être adaptée à chaque modalité et fréquence de prise en charge.
Les professionnels doivent veiller à la diffusion et à la bonne compréhension des informations tout au long du parcours de soins, de la consultation d’annonce à l’après-cancer. Une personne mieux informée supportera mieux son traitement. S’assurer que l’information donnée est comprise nécessite du temps de la part des soignants et l’allocation d’un budget.
Crédit Photo : Jean Chiscano
