Au cours des dernières décen­nies, la chirurgie a con­nu des pro­grès con­sid­érables. La chirurgie robot-assistée s’est pro­gres­sive­ment imposée dans de nom­breux blocs opéra­toires. Elle con­stitue aujour­d’hui l’une des évo­lu­tions tech­nologiques de la chirurgie mini-inva­sive lorsqu’elle est adap­tée à l’in­ter­ven­tion et au patient.

Qu’est-ce que la chirurgie robo­t­ique ?

La chirurgie robo­t­ique, égale­ment appelée chirurgie robot-assistée, est une tech­nique de chirurgie mini-inva­sive assistée par un sys­tème robo­t­isé piloté en per­ma­nence par un chirurgien. Con­crète­ment, le chirurgien est instal­lé à une con­sole située à prox­im­ité du patient. Il com­mande les bras robo­t­isés grâce à des manettes et à des pédales, tan­dis qu’une caméra haute déf­i­ni­tion, générale­ment en trois dimen­sions, retrans­met une vision très détail­lée de la zone opéra­toire. Les mou­ve­ments réal­isés par le chirurgien sont repro­duits en temps réel par les instru­ments fixés sur les bras du robot, avec une très grande fidél­ité.

 

Com­ment les robots assis­tent-ils aujour­d’hui les chirurgiens ?

Le robot agit comme un pro­longe­ment extrême­ment pré­cis des mains du chirurgien. Il améliore les con­di­tions de réal­i­sa­tion de cer­tains gestes par­ti­c­ulière­ment déli­cats, sans jamais se sub­stituer à l’ex­per­tise humaine. L’un de ses prin­ci­paux atouts réside dans la qual­ité de la vision opéra­toire. Grâce à une caméra haute déf­i­ni­tion en trois dimen­sions, le chirurgien béné­fi­cie d’une image agrandie de la zone d’in­ter­ven­tion, offrant une per­cep­tion fine des reliefs anatomiques. Les bras robo­t­isés appor­tent égale­ment une grande pré­ci­sion des mou­ve­ments. Le sys­tème fil­tre les trem­ble­ments naturels de la main et peut réduire l’am­pli­tude des mou­ve­ments, per­me­t­tant d’ef­fectuer des gestes très minu­tieux dans des espaces anatomiques dif­fi­ciles d’ac­cès.

 

Dans quelles spé­cial­ités est-elle util­isée ?

La chirurgie robo­t­ique est aujour­d’hui employée dans de nom­breux types de chirurgie :

  • L’urolo­gie fait par­tie des spé­cial­ités pio­nnières, notam­ment pour cer­taines inter­ven­tions sur la prostate, les reins ou la vessie ;
  • La gyné­colo­gie l’utilise pour des hys­térec­tomies, le traite­ment de cer­tains can­cers ou de l’en­dométriose ;
  • En chirurgie diges­tive, elle est util­isée pour des inter­ven­tions sur le côlon, le rec­tum, l’estom­ac ou le pan­créas dans cer­taines indi­ca­tions.
  • La chirurgie tho­racique béné­fi­cie égale­ment de cette tech­nolo­gie pour cer­taines opéra­tions pul­monaires ou médi­asti­nales.

Enfin, plusieurs équipes l’u­tilisent en chirurgie ORL, baria­trique ou encore dans cer­taines inter­ven­tions pédi­a­triques. Les indi­ca­tions con­tin­u­ent d’évoluer au rythme des pro­grès tech­nologiques et de l’ex­péri­ence acquise par les équipes médi­cales.

 

Quels sont les béné­fices pour les patients ?

La chirurgie robot-assistée présente plusieurs béné­fices ! Reposant sur une approche mini-inva­sive, elle per­met de lim­iter la taille des inci­sions. Les douleurs post-opéra­toires sont sou­vent réduites, les pertes san­guines peu­vent être dimin­uées et la récupéra­tion est fréquem­ment plus rapi­de qu’après une chirurgie ouverte.

La pré­ci­sion des gestes con­tribue égale­ment à préserv­er davan­tage les tis­sus voisins lorsque cela est pos­si­ble. Selon l’in­ter­ven­tion réal­isée, elle peut faciliter la dis­sec­tion dans des zones anatomiques com­plex­es et favoris­er la préser­va­tion de cer­taines struc­tures. Les résul­tats dépen­dent toute­fois de nom­breux fac­teurs, notam­ment de la patholo­gie traitée, de l’é­tat du patient et de l’ex­péri­ence de l’équipe chirur­gi­cale. L’hos­pi­tal­i­sa­tion est par­fois rac­cour­cie et les cica­tri­ces sont générale­ment plus dis­crètes.

 

Une tech­nolo­gie qui demande une for­ma­tion spé­ci­fique

L’A­cadémie nationale de médecine souligne que l’ap­pren­tis­sage de la chirurgie robo­t­ique néces­site une for­ma­tion spé­ci­fique, struc­turée et pro­gres­sive, asso­ciant notam­ment des enseigne­ments théoriques, des séances de sim­u­la­tion et une pra­tique encadrée avant l’au­tonomie afin de garan­tir la sécu­rité des patients.

Au-delà de la for­ma­tion indi­vidu­elle, la réus­site d’un pro­gramme de chirurgie robo­t­ique repose égale­ment sur une équipe expéri­men­tée asso­ciant chirurgiens, anesthé­sistes, infir­miers de bloc opéra­toire et per­son­nels tech­niques chargés du fonc­tion­nement et de la main­te­nance des équipements.

 

Quelles sont les lim­ites actuelles ?

Mal­gré ses nom­breux atouts, la chirurgie robo­t­ique ne con­stitue pas une solu­tion uni­verselle. Toutes les inter­ven­tions ne néces­si­tent pas l’u­til­i­sa­tion d’un robot. Dans de nom­breux cas, la chirurgie ouverte reste par­faite­ment adap­tée. Le choix de la tech­nique dépend avant tout de la patholo­gie, des car­ac­téris­tiques du patient, de l’ex­péri­ence de l’équipe chirur­gi­cale et des équipements disponibles.

Le coût représente égale­ment un enjeu impor­tant. L’ac­qui­si­tion, la main­te­nance des robots et les con­som­ma­bles asso­ciés néces­si­tent des investisse­ments con­séquents pour les étab­lisse­ments de san­té. L’A­cadémie nationale de médecine souligne ain­si l’im­por­tance d’un accès équitable à cette tech­nolo­gie sur l’ensem­ble du ter­ri­toire, afin d’éviter des dis­par­ités entre les patients.

Enfin, même avec un robot, cer­tains imprévus opéra­toires peu­vent con­duire le chirurgien à mod­i­fi­er sa stratégie ou à con­ver­tir l’in­ter­ven­tion en chirurgie ouverte lorsque cela est néces­saire.

 

Une assis­tance tech­nologique au ser­vice de l’ex­per­tise humaine

Grâce à une vision tridi­men­sion­nelle de haute qual­ité, à des instru­ments très artic­ulés et à une pré­ci­sion gestuelle remar­quable, la chirurgie robo­t­ique per­met aux chirurgiens de réalis­er cer­tains gestes dans des con­di­tions tech­niques opti­misées, notam­ment lors d’in­ter­ven­tions com­plex­es ou dans des espaces anatomiques dif­fi­ciles d’ac­cès.

Pour autant, le robot reste un out­il d’as­sis­tance. Il ne rem­place ni les com­pé­tences, ni l’ex­péri­ence, ni le juge­ment clin­ique du chirurgien, qui con­serve à chaque instant le con­trôle total de l’in­ter­ven­tion.

Les prochaines années devraient voir cette tech­nolo­gie pour­suiv­re son développe­ment, avec des sys­tèmes tou­jours plus per­for­mants et une dif­fu­sion pro­gres­sive dans un nom­bre crois­sant de spé­cial­ités.

Céline KERUZORE

 

Sources :
https://www.academie-medecine.fr/chirurgie-robotique-pour-une-formation-de-qualite-et-un-acces-equitable/

https://www.actualites-medicales.com/decouvrez-comment-la-robotique-ameliore-les-interventions-chirurgicales/

https://www.medtechfrance.fr/grand-angle/la-robotique-chirurgicale-un-pas-de-geant-dans-le-secteur-de-la-sante/