
Le calendrier du PLFSS 2027 est désormais connu. Les annonces relatives aux efforts d’économies se multiplient, et pourtant, une décision majeure reste attendue : celle concernant l’évolution de la gestion de la liste en sus au 1er janvier 2027.
Nous partageons pleinement l’objectif de faire évoluer ce dispositif afin qu’il demeure en phase avec les progrès thérapeutiques et les besoins de notre système de santé. Mais cette évolution ne saurait être conduite au détriment de l’accès effectif et équitable des patients aux traitements concernés.
Les analyses menées par l’ensemble des professionnels convergent toutes vers un constat clair : dans l’état actuel de la classification médico-économique des tarifs hospitaliers, les conditions ne sont pas réunies pour intégrer ces produits dans les groupes homogènes de séjours dès 2027. L’analyse a été faite des groupes homogènes de séjours ciblés ; les prises en charge ne s’avèrent pas homogènes au sein même de ces GHM. Une telle évolution entraînerait des redistributions financières importantes entre établissements, créant des pertes susceptibles de fragiliser l’accès aux innovations pour certains patients, tandis que d’autres établissements bénéficieraient d’effets d’aubaine sans rapport avec leur activité réelle.
La liste en sus n’est pas un simple mécanisme de financement. Elle constitue un levier essentiel d’équité territoriale et garantit un accès homogène à l’innovation thérapeutique. Toute réforme doit donc préserver cette vocation première.
Cela suppose une gouvernance rénovée, fondée sur la pluriannualité, une anticipation et une méthode partagée. Les décisions de radiation doivent s’appuyer sur une évaluation régulière de la maturité clinique des produits, conduite avec les Conseils nationaux professionnels, ainsi que sur des études d’impact médicales, économiques et tarifaires objectivées, par GHM, par GHS et à l’échelle des établissements. À ce jour, ces prérequis ne sont pas réunis pour une mise en œuvre sécurisée au 1er janvier 2027.
Reconnaître qu’une réforme nécessite davantage de préparation n’est pas un renoncement ; c’est un choix de responsabilité. C’est précisément l’arbitrage de raison que nous appelons de nos vœux. Donner le temps de construire un cadre pluriannuel robuste, capable d’accompagner les évolutions futures, permettra de concilier maîtrise des dépenses, soutenabilité des établissements et accès durable des patients à l’innovation.
La liste en sus ne peut être considérée comme une simple variable d’ajustement budgétaire. Elle demeure avant tout un outil de financement au service de la qualité des prises en charge et de l’égalité d’accès aux innovations thérapeutiques.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO