
Le rapport sur les charges et les produits pour 2027, adopté par le conseil de la Caisse nationale de l’assurance maladie, intervient à un moment charnière pour notre système de santé, alors que le Gouvernement annonce trois milliards d’euros d’économies supplémentaires pour l’État, dont un pour la Sécurité sociale.
Le déficit de l’Assurance maladie atteint un niveau inédit hors période de crise en 2025 et demeurerait particulièrement préoccupant en 2026. La question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment engager les transformations nécessaires pour garantir la pérennité de notre modèle solidaire.
La France consacre près de 12 % de son PIB à la santé et bénéficie de l’un des niveaux de couverture publique les plus élevés au monde. Le rapport indique que les réformes engagées entre 2010 et 2019 ont démontré qu’il était possible de contenir la progression des dépenses grâce à des évolutions structurelles, qu’il s’agisse du développement de la chirurgie ambulatoire, de la diffusion des médicaments génériques ou de l’amélioration de l’organisation hospitalière.
Les projections de la Cnam rappellent également l’ampleur du défi sanitaire. Les maladies chroniques concernent déjà près de 26 millions de personnes et représentent près des deux tiers des dépenses remboursées. Sous l’effet du vieillissement démographique, plus de 1,5 million de personnes supplémentaires pourraient être concernées d’ici 2030. La prise en charge des maladies cardiovasculaires atteint 15 % des dépenses totales et celle du cancer et de la santé mentale respectivement 14 % chacune.
Le scénario privilégié par la Cnam repose sur un double impératif : un virage préventif ambitieux et une régulation volontariste des dépenses afin de maintenir leur évolution au rythme de la croissance nationale. Cette approche rejoint les travaux engagés par les pouvoirs publics pour refonder le financement de la protection sociale.
Prévoir pour mieux agir constitue désormais une responsabilité collective. La soutenabilité du système de santé reposera sur notre capacité à investir dans la prévention, à renforcer la pertinence des parcours de soins, à rechercher le juste soin au juste coût et à construire une articulation renouvelée entre assurance maladie obligatoire et assurance complémentaire. C’est à cette condition que notre système pourra continuer à conjuguer solidarité, qualité des soins et responsabilité financière.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO
Lire le Rapport charges et produits de la Cnam pour 2027