Lors du sémi­naire du con­seil d’administration FHP-MCO des 11 et 12 sep­tem­bre 2014, nous lan­cions le dossier ROC. Nous sommes en 2026 et nous ne lâcherons pas ce pro­jet à enjeux majeurs pour les clin­iques et hôpi­taux privés.

L’am­bi­tion de ce pro­jet ROC est con­sid­érable : faire dia­loguer 3 000 sys­tèmes d’in­for­ma­tion hos­pi­tal­iers avec 400 sys­tèmes d’in­for­ma­tion d’or­gan­ismes com­plé­men­taires, pour garan­tir enfin l’ef­fec­tiv­ité du tiers payant avec les AMC, tout en allégeant la charge admin­is­tra­tive des étab­lisse­ments et en sécurisant le recou­vre­ment des rem­bourse­ments.

Le principe est sim­ple pour le patient. Il est infor­mé de son éventuel reste à charge dès la préad­mis­sion et jusqu’à 22 jours avant sa venue. Cette trans­parence avec les usagers est essen­tielle. ROC sup­prime, de bout en bout, les tâch­es qui pèsent le plus sur nos équipes admin­is­tra­tives — deman­der une prise en charge, la récupér­er, la res­saisir sou­vent manuelle­ment.

Les étab­lisse­ments obti­en­nent une infor­ma­tion immé­di­ate sur les droits des béné­fi­ci­aires, une iden­ti­fi­ca­tion fiable du débi­teur juridique, et surtout un engage­ment de paiement de la part des organ­ismes com­plé­men­taires. Le tout sans coût d’abonnement pour les étab­lisse­ments. L’a­vance de frais du reste à charge, les délais de recou­vre­ment sont réduits et surtout, la tré­sorerie est ren­for­cée, ce qui était la promesse ini­tiale.

Les chiffres témoignent d’une adop­tion réelle mais très iné­gale. 756 étab­lisse­ments publics et privés non lucrat­ifs sont désor­mais rac­cordés, soit 62 % des étab­lisse­ments rac­cord­ables. Le secteur privé, lui, reste à la marge en rai­son d’un déploiement prévu dans un deux­ième temps : deux étab­lisse­ments de san­té privés seule­ment l’ex­péri­mentent depuis fin 2025 et un troisième s’est ajouté en 2026. Côté écosys­tème numérique, 50 com­plé­men­taires san­té sont rac­cordées à ROC V2, mais seule­ment deux édi­teurs de logi­ciels por­tent aujour­d’hui le dis­posi­tif pour les étab­lisse­ments de san­té privés.

Ce décalage inter­roge, car les flux avec les assur­ances com­plé­men­taires sont pour­tant con­sid­érables dans notre secteur. Trois étab­lisse­ments pilotes, c’est peu, mais c’est suff­isant pour démon­tr­er que le dis­posi­tif fonc­tionne. Le dis­posi­tif est mûr pour finalis­er l’expérimentation et lancer une phase pilote en 2026 empor­tant bien plus d’établissements de san­té privés, et nous sommes prêts à nous y engager mas­sive­ment. ROC n’est pas qu’un pro­jet tech­nique : c’est un choix stratégique.

Le vrai point de blocage se situe chez les édi­teurs de logi­ciels. Seuls deux d’en­tre eux se sont engagés dans la mise en œuvre de ROC côté secteur privé ; les autres restent absents. Or, la marche est haute car la cer­ti­fi­ca­tion d’un logi­ciel prend au min­i­mum six mois. Sans mobil­i­sa­tion rapi­de des édi­teurs, le retard du secteur privé risque de se creuser durable­ment.

Nous devons donc agir sur deux fronts : exercer une pres­sion sup­plé­men­taire sur les édi­teurs qui traî­nent des pieds, et inten­si­fi­er notre com­mu­ni­ca­tion pour con­va­in­cre les assur­ances com­plé­men­taires encore absentes de rejoin­dre le dis­posi­tif.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO