
Dr Éric Chavigny, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR)
Vous venez de prendre la présidence de la FNMR, quelle continuité dans vos actions ?
À la présidence de la FNMR, il me tient à cœur de fédérer toutes les activités de la radiologie et de bâtir des ponts pour identifier ensemble des solutions pérennes. Le nouveau bureau poursuit le travail de représentation et de reconnaissance de la radiologie dans le paysage médical français, tout en poursuivant sa réflexion sur la pertinence et l’accès aux soins. L’imagerie médicale représente 3 % des dépenses de santé, et une grande part de cette enveloppe relève du bon usage, au bon moment, de la radiologie.
La période est complexe. Sur fond de restrictions budgétaires, nous faisons face au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques. L’imagerie est un levier majeur pour répondre aux enjeux de santé de demain, notamment via les dépistages des cancers du sein, du poumon et des pathologies cardiovasculaires. Nous savons qu’une pathologie diagnostiquée précocement permet des traitements moins lourds. De son côté, la radiologie interventionnelle, très peu invasive, favorise une reprise rapide d’activité pour le patient. C’est un atout sociétal certain pour limiter les arrêts maladie, dont le coût s’élève désormais à 18 milliards d’euros.
Quels sont les Plateaux d’imagerie médicale ambulatoire de proximité (PIMAP) que vous souhaitez promouvoir ?
Les Plateaux d’imagerie médicale ambulatoire de proximité (PIMAP) sont soumis à l’autorisation du Plan régional de santé (PRS). Ils réalisent l’ensemble des examens d’imagerie classique et en coupe afin de pérenniser ces cabinets, tant sur le plan économique que sur celui de l’attractivité. Les PIMAP maillent le territoire là où les établissements ne peuvent pas toujours intervenir. Ils agissent en amont, en aval ou en substitution d’une hospitalisation, contribuant ainsi à désengorger les services d’urgence.
Les PIMAP sont pour le patient et les établissements du territoire une valeur ajoutée. Ils renforcent l’attractivité médicale et participent à l’aménagement du territoire.
Enfin, les PIMAP contribuent de manière substantielle aux économies de santé par leur offre de diagnostics, en évitant des hospitalisations et en contribuant au rayonnement des établissements du territoire.
Dans votre discours d’investiture vous avez annoncé la création d’un Observatoire médico-économique de l’imagerie médicale. Pourquoi un tel observatoire ?
L’Observatoire national de l’imagerie médicale (ONIM) sera piloté par la FNMR et devrait être opérationnel dès 2027. Notre objectif est de chiffrer nos constats. Il est crucial d’apporter une dimension économique vérifiable pour justifier les atouts de l’imagerie. Cet observatoire fournira les outils nécessaires pour évaluer les coûts et réaliser des projections afin de peser sur les décisions.
Ce projet ambitieux contribue à l’amélioration des parcours et de l’expérience patient. Nous souhaitons que la France se dote d’un système de santé optimisé dans sa pratique et dans son financement.