Exhaustivité des données PMSI :

Impact sur un éventuel dégel du Coefficient Prudentiel 2026

Par dépêche du 1ermars 2013, nous vous informions de la mise en œuvre du coef­fi­cient pru­den­tiel, dont le mécan­isme est désor­mais prévu aux arti­cles R. 162–33‑7 et suiv­ants du code de la sécu­rité sociale. Cet out­il a été mis en place pour procéder à des mis­es en réserves en début de cam­pagne afin de « garan­tir le respect de l’ONDAM ».

Cette procé­dure est tou­jours en œuvre cette année 2026.

Les mis­es en réserves pru­den­tielles sont réal­isées en l’application de l’article Art L162-22–3‑2 du CSS qui prévoit une mino­ra­tion des tar­ifs par l’application d’un coef­fi­cient, dit coef­fi­cient pru­den­tiel. Ce coef­fi­cient per­met de con­stituer une réserve de crédits qui pour­ra être rever­sée en fin d’année, totale­ment ou par­tielle­ment, notam­ment selon l’état d’exécution de l’ONDAM.

Même si en 2024 et 2025 aucune resti­tu­tion n’a été effec­tuée, la fin des années 2013 à 2023 a mon­tré que les étab­lisse­ments de san­té MCO ont été des­ti­nataires de sommes au titre de l’application de ce dis­posi­tif.

La total­ité des mon­tants du coef­fi­cient pru­den­tiel a été resti­tuée
notam­ment en 2018, 2019, 2020, 2021 et 2023. 

Dans notre dépêche du 15 jan­vi­er 2026 n°928, nous vous informions du main­tien de la valeur du coef­fi­cient pru­den­tiel à 0,70% dans les 2 secteurs Ex-OQN et Ex-DGF pour la cam­pagne 2026.

Dans ce cadre, nous nous per­me­t­tons d’attirer votre atten­tion sur l’importance de l’exhaustivité des don­nées PMSI trans­mis­es men­su­elle­ment au cours de cette année 2026.

Cette ques­tion de l’exhaustivité et de la régu­lar­ité de l’envoi des don­nées PMSI se pose régulière­ment chaque année en cours d’exercice. Depuis 2013, et cette année encore, elle a une dimen­sion essen­tielle en rai­son notam­ment de l’éventuelle appli­ca­tion des dis­po­si­tions rel­a­tives au coef­fi­cient pru­den­tiel dont, pour mémoire, les modal­ités sont les suiv­antes :

« Art. R. 162–33‑8.- À compter de l’avis du comité d’alerte men­tion­né à l’a­vant-dernier alinéa de l’ar­ti­cle L. 114–4‑1, les min­istres chargés de la san­té et de la sécu­rité sociale arrê­tent, le cas échéant, avant le 31 décem­bre de l’an­née en cours et après con­sul­ta­tion  du Comité Economique de l’Hospitalisation Publique et Privée, le mon­tant des crédits à vers­er aux étab­lisse­ments dans les lim­ites prévues aux II de l’ar­ti­cle L. 162–22‑3–2. Ce mon­tant peut être dif­féren­cié par caté­gorie d’étab­lisse­ments.

La répar­ti­tion entre les régions est effec­tuée au pro­ra­ta de l’ac­tiv­ité des étab­lisse­ments mesurée notam­ment à par­tir des don­nées men­tion­nées aux arti­cles L. 6113–7 et L. 6113–8 du code de la san­té publique. »

« Art. R. 162–33‑9.-Dans un délai de quinze jours suiv­ant la pub­li­ca­tion de l’ar­rêté men­tion­né à l’ar­ti­cle R. 162–33‑8, le directeur général de l’a­gence régionale de san­té arrête, pour chaque étab­lisse­ment, le mon­tant à vers­er en appli­ca­tion de l’ar­ti­cle L. 162–22‑3–2. Ce mon­tant est répar­ti au pro­ra­ta de l’ac­tiv­ité de chaque étab­lisse­ment mesurée notam­ment à par­tir des don­nées men­tion­nées aux arti­cles L. 6113–7 et L. 6113–8 du code de la san­té publique. Ce mon­tant est ver­sé en une seule fois par la caisse désignée en appli­ca­tion des arti­cles L. 174–2 et L. 174–18. »

Très con­crète­ment, cela sig­ni­fie qu’il est essen­tiel que vous soyez à jour des don­nées PMSI trans­mis­es dans les meilleurs délais, et au plus tard, fin sep­tem­bre 2026.

L’exhaustivité des bases annuelles n’est pas en ques­tion. Cepen­dant, en cours d’année, cer­tains étab­lisse­ments n’adressent pas la total­ité de leurs don­nées men­su­elle­ment générant ain­si des dif­fi­cultés pour le suivi infra-annuel. C’est pourquoi, nous nous per­me­t­tons d’insister sur l’importance de cette exhaus­tiv­ité des don­nées PMSI.

Nous vous rap­pelons les pra­tiques con­statées les années passées : la clé de ven­ti­la­tion cor­re­spondait à l’activité PMSI val­orisée des 8 ou 9 pre­miers mois. En l’absence des don­nées PMSI validées pour la péri­ode M9 (ou M8), les don­nées PMSI de la dernière péri­ode de trans­mis­sion PMSI validée disponible (M8, M7, …, M1) sont pris­es en con­sid­éra­tion.

Nous rap­pelons que la procé­dure et le cal­en­dri­er se déroulent selon trois temps :

1° Fait généra­teur de la déci­sion de dégel : Avis du comité d’alerte (n°3) d’octobre de l’année N sur les prévi­sions d’exécution de l’ONDAM de l’année N.

2° Par suite de la pub­li­ca­tion dudit avis : sai­sine offi­cielle des mem­bres du Comité Economique de l’Hospitalisation Publique et Privée. Il con­vient de rap­pel­er que cette con­sul­ta­tion est indépen­dante de la déci­sion poli­tique du dégel ;

  • Con­sul­ta­tion duDIT Comité con­for­mé­ment aux arti­cles R.162–33‑8, R. 162–31-11 et R. 162–34‑7 du code de la sécu­rité sociale sur le mon­tant des crédits pou­vant être ver­sés aux étab­lisse­ments de san­té.

La déci­sion poli­tique d’un dégel ou d’une absence de dégel, de tout ou par­tie du mon­tant mis en réserve ne pour­ra être prise qu’après cette con­sul­ta­tion.

3° Si pas de risque de dépasse­ment de l’ONDAM ou si ces risques peu­vent être con­tenus, la ques­tion d’un dégel de tout ou par­tie des crédits mis en réserve est posée et soumise à l’arbitrage poli­tique.

Pour mémoire, nous vous joignons les deux pre­miers avis du comité d’alerteLe Comité d’alerte sur l’évolution des dépens­es d’assurance mal­adie a été créé par la loi du 13 août 2004 por­tant réforme de l’assurance mal­adie (arti­cle 40). Il est chargé d’alerter le Par­lement, le Gou­verne­ment et les caiss­es nationales d’assurance mal­adie en cas d’évolution des dépens­es d’assurance mal­adie incom­pat­i­ble avec le respect de l’objectif nation­al voté par le Par­lement.

Pour rap­pel, le deux­ième avis du Comité d’alerte avance la sit­u­a­tion suiv­ante :

« Au regard des infor­ma­tions dont il a pu dis­pos­er à ce stade de l’année, le comité d’alerte ne peut écarter tout risque que le mon­tant des dépens­es rel­e­vant de l’ONDAM dépasse le seuil d’alerte de 0,5 % du mon­tant glob­al de l’ONDAM voté dans la loi de finance­ment de la sécu­rité sociale pour 2026 (soit un peu moins de 1,4 Md€), sous l’effet d’un pos­si­ble dépasse­ment du sous-objec­tif des dépens­es de soins de ville et, de manière plus incer­taine, d’une hausse plus forte qu’anticipé de l’activité tar­ifée des étab­lisse­ments de san­té.

Selon toute vraisem­blance, une annu­la­tion inté­grale des mis­es en réserve con­sti­tuées en début d’année à hau­teur de 1,1 Md€ per­me­t­trait toute­fois de ramen­er le mon­tant total de l’ONDAM en deçà du seuil d’alerte. »

Lau­re DUBOIS (laure.dubois.mco@fhp.fr), Déléguée aux affaires médi­co-économiques et à la qual­ité, est à votre dis­po­si­tion pour tout ren­seigne­ment com­plé­men­taire.

Restant à votre écoute

Bien cor­diale­ment,

Thier­ry BECHU
Délégué Général FHP-MCO 

A télécharg­er : 

Avis du Comité d’alerte n°2026–1

Avis du Comité d’alerte n°2026–2