La baisse de la natal­ité et de la fécon­dité con­stitue aujour­d’hui un défi majeur pour notre sys­tème de san­té. Avec près d’un quart de nais­sances en moins entre 2010 et 2025, c’est l’ensem­ble de la chaîne péri­na­tale qui est con­fron­tée à de pro­fondes muta­tions. Les restruc­tura­tions engagées ces dernières années, par­fois jusqu’à la fer­me­ture de mater­nités, traduisent une réal­ité démo­graphique, économique, médi­cale et assur­antielle qui inter­roge notre capac­ité à garan­tir une offre de soins de prox­im­ité, acces­si­ble et sécurisée sur tous les ter­ri­toires.

Les échanges de l’atelier mater­nité à la Journée des métiers de la FHP-MCO ont mis en lumière la com­plex­ité des caus­es de cette évo­lu­tion. Au-delà des fac­teurs socié­taux, les dif­fi­cultés d’ac­cès aux soins, les con­di­tions d’ex­er­ci­ce des pro­fes­sion­nels, les ten­sions assur­antielles ou encore la dégra­da­tion de cer­tains indi­ca­teurs de san­té repro­duc­tive par­ticipent à cette dynamique. La diminu­tion de la fer­til­ité, illus­trée notam­ment par la baisse de la con­cen­tra­tion sper­ma­tique observée depuis plusieurs décen­nies, rap­pelle l’im­por­tance d’une préven­tion ren­for­cée et d’un diag­nos­tic plus pré­coce des trou­bles de la fer­til­ité.

Les travaux ont égale­ment souligné l’ur­gence d’amélior­er les indi­ca­teurs de san­té péri­na­tale et mater­nelle. La mor­tal­ité mater­nelle demeure sta­ble à un niveau préoc­cu­pant, tan­dis que la mor­tal­ité infan­tile pro­gresse, plaçant la France en retrait par rap­port à plusieurs de ses voisins européens. Ces con­stats appel­lent une mobil­i­sa­tion col­lec­tive autour d’un par­cours de soins plus coor­don­né, d’une meilleure préven­tion en san­té des femmes et d’une con­nais­sance plus fine des déter­mi­nants épidémi­ologiques. À cet égard, la créa­tion d’un entre­pôt nation­al de don­nées sur la nais­sance, atten­du à l’hori­zon 2027, con­stituera un out­il essen­tiel pour éclair­er les déci­sions publiques.

Enfin, la lutte con­tre l’in­fer­til­ité s’im­pose comme une pri­or­ité de san­té publique. Elle sup­pose un plan struc­turé asso­ciant préven­tion, repérage pré­coce, amélio­ra­tion du diag­nos­tic, ren­force­ment des fil­ières spé­cial­isées, et meilleure coor­di­na­tion entre les acteurs.

Une con­vic­tion s’est imposée au terme de cet ate­lier : répon­dre aux défis de la natal­ité ne pour­ra se faire qu’à tra­vers une approche glob­ale, fondée sur la coopéra­tion, l’in­no­va­tion et un engage­ment durable de l’ensem­ble des pro­fes­sion­nels et des insti­tu­tions. C’est à cette con­di­tion que nous préserverons une offre de soins de qual­ité au ser­vice des femmes, des familles et des généra­tions futures.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO

Lire la notice du Haut-com­mis­sari­at à la stratégie et au plan « Baisse de la natal­ité : adapter les poli­tiques famil­iales sans normer les choix »