Céline Dekussche, directrice de projets et programmes numériques hospitaliers, direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé au ministère de la Santé
Où en sommes-nous du projet ROC* dans les cliniques et hôpitaux privés ?
Depuis quelques mois, les travaux d’expérimentation de la version du projet ROC appliquée aux cliniques privées ont repris et les rares blocages identifiés ont été levés.
Parallèlement, nous observons une augmentation de la volumétrie des dossiers éligibles, une accélération des développements chez les éditeurs ainsi qu’un intérêt croissant de la part des assurances maladie complémentaires (AMC).
La phase d’expérimentation, initiée fin 2025, a permis d’attester de l’opérationnalité du dispositif dans le secteur privé lucratif et son adéquation aux attentes du terrain. Le périmètre des tests intègre l’ensemble des dossiers correspondant aux cas d’usage spécifiques du secteur : gestion des dépassements, des restes à charge, paiement au compte mandataire, etc. À ce stade, résultat encourageant, les dossiers transmis ont été reçus et payés.
Voilà pour la situation des établissements et des éditeurs. Côté assurances maladie complémentaires, on compte aujourd’hui 53 AMC ouvertes, c’est-à-dire qui peuvent traiter et payer les factures des cliniques privées, ce qui correspond à 48 % de la population couverte par une complémentaire.
Quel est le calendrier de montée en charge pour passer de l’expérimentation à la phase pilote ?
La première étape consiste pour les éditeurs à obtenir un agrément du CNDA sur le cahier des charges ROC V2 lot 2. Softway, l’éditeur qui semble le plus avancé sur le projet, devrait l’obtenir en fin d’année ou début 2027. Les travaux sont par ailleurs bien engagés pour Evolucare avec la clinique Velpeau, et ont débuté pour Dedalus.
Une fois l’agrément obtenu, les établissements seront considérés comme pilotes et ils intègreront ROC dans le cadre d’une phase dite de production sous surveillance durant laquelle ils échangent avec un nombre limité d’AMC. La facturation de la totalité des cas d’usage permet, dans un second temps, une bascule dans le cercle de confiance, et un échange avec l’ensemble des AMC raccordées.
Au-delà du raccordement technique, la mise en œuvre de ROC nécessite, de la part des établissements, une adaptation des organisations liée en particulier à la simplification du recueil de l’affiliation des patients, à l’automatisation des échanges avec les AMC et à la garantie de paiement associée au dispositif. Celle-ci doit être accompagnée, notamment auprès des personnels administratifs et des médecins libéraux.
Une généralisation pour 2027 est-elle envisageable ?
Un déploiement plus large au second semestre 2027 est crédible. Une phase de stabilisation au sein des établissements pilotes est toutefois nécessaire. Elle permet en particulier d’assurer la formation des équipes.
Cette dématérialisation entraîne des évolutions des circuits de facturation qui doivent être préparées en amont. Il peut être nécessaire d’anticiper, par exemple, les procédures avec et sans reste à charge patient.
Alors que l’échéance d’une généralisation se précise, le déploiement du projet ROC est un sujet auquel l’ensemble des cliniques privées, MCO, SMR et de psychiatrie, doivent réfléchir dès à présent.
*Remboursement organismes complémentaires
