
La FHP-MCO a toujours défendu une position claire : la radiation de produits de la liste en sus ne peut constituer, par principe, une ligne d’économies purement financière recherchée dans le cadre de la construction de l’ONDAM.
Pourtant, c’est bien ce qui se dessine pour 2027. La décision nous a été communiquée par ce simple courriel : « Vous trouverez, en pièce jointe, la liste des produits de santé retenus dans le cadre de la campagne de radiation 2027. Une réunion sera organisée au cours du mois d’octobre afin de vous présenter les réintégrations envisagées. » Pour une mesure de l’ordre de 100 millions d’euros, une telle méthode interroge.
Sur la forme d’abord. La proposition de liste soumise au printemps est devenue la liste des produits radiés, malgré tous les travaux conduits par l’ensemble des parties prenantes et transmis dans les délais. Ces travaux ont pourtant mis en évidence une réelle et problématique hétérogénéité des situations entre établissements. Où est le dialogue de gestion régulièrement prôné par la tutelle ? Les réunions de concertation sont devenues des réunions d’information ?
Incompréhension sur le fond, ensuite. Les analyses menées par la FHP-MCO, et tous les autres acteurs, indiquent que les conditions, cette année, ne sont en aucun cas réunies pour intégrer ces produits dans les GHS dès 2027, dans l’état actuel de la classification médico-économique. Force est de constater l’hétérogénéité au sein des GHM concernés qui conduira à donner des ressources à ceux qui n’utilisent pas les dispositifs médicaux concernés, au détriment des autres. Une telle évolution provoquerait des redistributions financières importantes entre établissements, avec le risque de fragiliser certains acteurs et, in fine, l’accès de certains patients à l’innovation, tandis que d’autres bénéficieraient d’effets d’aubaine sans lien avec leur activité réelle.
La FHP-MCO n’est pas opposée par principe à une gestion dynamique de la liste en sus. Mais celle-ci nécessite une vision pluriannuelle et une anticipation suffisante pour faire évoluer les classifications tarifaires dans des conditions sécurisées.
Depuis 2023, nous alertons sur les conséquences de choix qui ont déjà conduit, dans certains cas, à freiner voire interrompre la diffusion de techniques de prise en charge. En juillet, nous appelions à un arbitrage de raison. Nous sommes aujourd’hui face à une décision où l’objectif d’économies prime sur toute autre considération.
L’efficience suppose de mesurer les conséquences des décisions sur les parcours de soins, l’accès à l’innovation et la soutenabilité des établissements. Pourtant, aucune évaluation des décisions n’a été conduite dans les années qui suivent. La santé ne peut se construire sur des économies de court terme dont les coûts, eux, apparaîtront demain ainsi que les potentielles problématiques d’accès à certains produits.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO